Le média qui raconte la mode 

Jeunes créateurs - Marques iconiques - Culture mode

3 expos mode de la rentrée

Les 3 expositions mode de la rentrée

Septembre signe le retour d’une effervescence culturelle. Direction Paris et La Haye pour découvrir les expositions mode à ne pas rater. Le Palais Galliera fête les cent ans de l’iconique publication Vogue Paris ; l’exposition itinérante Couturissime sur Thierry Mugler s’arrête enfin au Musée des Arts Décoratifs ; le Kunstmuseum à La Haye s’interroge sur les enjeux d’appropriation culturelle dans la mode occidentale. L’embarras du choix.

Par Maÿlis Magon de la Villehuchet

Vogue Paris au Palais Galliera

Où ? Le Palais Galliera est un haut lieu d’archives de la mode, présidé par l’historienne Miren Arzalluz. Réputé pour son récit historique de la mode, le lieu écrit une chronologie textile, tissée par les parcours des créateurs et nourrie par une imagerie dense.

Quoi ? Une relecture du plus ancien magazine encore publié aujourd’hui, Vogue Paris, le seul nommé d’après une capitale et non un pays. L’exposition fête les cent ans de la publication et célèbre sa durée et sa défense de la création. On y retrouve les compagnons fidèles, Yves Saint Laurent et Karl Lagerfeld, les figures iconiques comme Catherine Deneuve ou Kate Moss et les collaborateurs imagiers : Horst P. Horst, Guy Bourdin, Helmut Newton, Peter Lindbergh, Inez et Vinoodh… Outre près de 400 vidéos, illustrations et photographies d’archives, le Palais Galliera présente une quinzaine de modèles de haute couture et de prêt-à-porter. C’est aussi une histoire sociétale qui se raconte ici, tournée vers l’émancipation féminine, avec le travail comme enrichissement et le beau comme armure.

Pourquoi ? Pour rendre hommage aux éditrices, Edmonde Charles-Roux, Carine Roitfeld, Emmanuelle Alt, qui ont dessiné les pages de Vogue Paris au même titre que leur avenir de femme. Pour les archives du magazine sorties de l’ombre, contenus à la fois médiatiques et textiles. Et pour l’importance d’un anniversaire hommage à un moment où la presse mute et change de visage quotidiennement.

Du 2 octobre 2021 au 30 janvier 2022 au Palais Galliera, 10 Avenue Pierre Ier de Serbie, 75016 Paris.

 

 

Lire aussi: 3 expos mode à voir pendant la Paris Fashion Week

3 expositions mode

Mario Sorrenti, « Paris mon amour », Aymeline Valade en robe Alexander McQueen sur le toit du Grand Palais, Paris, réalisation Emmanuelle Alt, Vogue Paris, août 2012 Collection Palais Galliera

© Mario Sorrenti / Paris Musées, Palais Galliera

3 expositions mode

© Patrice Stable, Emma Sjöberg lors du tournage du vidéoclip de la chanson « Too Funky » de George Michael, Paris, 1992, réalisé par Thierry Mugler. Tenue : Thierry Mugler, collection Les Cow-boys, prêt-à-porter printemps-été 1992

Couturissime – Thierry Mugler au Musée des Arts Décoratifs

Où ? Après les Beaux-Arts de Montréal, c’est au Musée des Arts Décoratifs que l’exposition itinérante Couturissime marque l’arrêt en ce début d’année. Voisin du Louvre, cet espace fait entendre une voix singulière dans le récit des industries créatives : un accent pointu sur la photographie, l’histoire et l’éditorialisation de la mode. L’endroit rêvé pour accueillir cette rétrospective sur l’homme spectacle, chapeautée par Thierry-Maxime Loriot, le conservateur québécois à l’origine de deux expositions sur Jean Paul Gaultier et Viktor&Rolf.

Quoi ? Une expérience foisonnante, à l’image de l’inspiration de Thierry Mugler à toutes les périodes de sa vie. Pianotant entre haute couture, accessoires et prêt-à-porter, photographie et mise en scène, il a imaginé mille silhouettes chimériques pour la scène, faisant du quotidien une folie de divertissement. Couturier au sens pur du terme, Thierry Mugler fut un brodeur de féérie dans tous les domaines artistiques, du cinéma à la scène de théâtre, y insérant à chaque fois un peuple fantasmagorique de créatures ailées, vamp nocturnes et sauvages. Après avoir quitté la mode en 2002, il revient sous le nom de Manfred, alter ego toujours aussi hyperactif. L’exposition pluridisciplinaire repasse cette boucle de vie incandescente, ponctuée de performances audiovisuelles et numériques.

Pourquoi ? Parce qu’une présentation aussi riche dépeint à peine l’étendue de l’œuvre de Thierry Mugler. On peut non seulement apprécier la dimension plurielle, mais aussi le caractère futuriste de ses créations. Sa femme fatale fait penser à une déesse toute puissante, intemporelle, sorcière, ce qui la rend d’autant plus moderne. Enfin, pour sa vision prophétique sur le plan commercial, quand on voit encore aujourd’hui le succès de son parfum Angel et de son flacon étoilé.

Du 30 septembre 2021 au 24 avril 2022 au Musée des Arts Décoratifs, 107-111 rue de Rivoli, 75001 Paris.

 

Lire aussi: Immersion dans le monde singulier de Thierry Mugler au MBAM

Global Wardrobe, the worldwide fashion connection au Kunstmuseum à La Haye

Où ? Le Kunstmuseum se situe à La Haye aux Pays-Bas. Outre d’imposants tableaux de Monet et Mondrian, ainsi qu’une attention portée aux arts appliqués, le musée présente une collection mode centrée sur une vision occidentale du vêtement depuis le 18ème siècle et sur la mise en valeur des designers de mode néerlandais. L’exposition Global Wardrobe souhaite étendre ce focus au savoir-faire textile et imprimé propre à chaque partie du monde.

Quoi ? Global Wardrobe, the worldwide fashion connection est une reconquête des expertises textiles autour du monde. Du coton peint à la main indien à la soie chinoise, en passant par l’opulence discrète du kimono japonais, l’exposition redessine une géographie de la mode, malmenée notamment par la colonisation, la production excessive et l’appropriation culturelle, cœur brûlant du sujet. L’idée est d’observer le vêtement comme un bout d’histoire du monde, en interrogeant les échanges commerciaux et textiles des 18ème et 19ème siècles, l’inspiration orientaliste et exotisante du 20ème siècle, et la copie directe de savoir-faire natifs par les maisons de mode occidentales. Enfin, le musée crédite les créateurs contemporains qui reprennent le pouvoir sur ce système : Jamie Okuma, Christopher John Rogers, Thebe Magugu, Kenneth Ize, Lisa Konno sont des créatifs qui pensent à partir d’un héritage culturel auparavant noyauté par une appréhension occidentale.

Pourquoi ? Si l’industrie de la mode a autant de résonnance sur qui nous sommes en tant que peuple, c’est parce qu’elle est tissée par notre histoire en tant que société. Il est nécessaire que la parole soit prise par les institutions culturelles pour éclairer ce sujet complexe et pour promouvoir une carte de la mode plus équilibrée.

Du 9 octobre 2021 au 16 janvier 2022, au Kunstmuseum, Stadhouderslaan 41, 2517 HV La Haye.

3 expositions mode

Rich Mnisi, Xibelani skirt with 5 km wool, based on the Tsonga culture, made in South Africa, Hiya Kaya ’21 Collection, 2021. Courtesy Rich Mnisi. Photo : Zander Opperman

En haut de page: Mert & Marcus, “Néoclassiques”, Lara Stone en cardigan Chanel, gilet Balenciaga par Nicolas Ghesquière et body Maison Martin Margiela Ligne 1, réalisation Carine Roitfeld, Vogue Paris, 2008, Collection Palais Galliera © Mert & Marcus / Paris Musées, Palais Galliera

Tous les dossiers 

Post a Comment

Pour ne rien rater des PORTRAITS de jeunes créateurs, des FOCUS sur des marques culte et des NEWS sur la culture mode.

Inscrivez-vous

NEWSLETTER

Merci pour votre inscription