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Rencontre surréaliste entre Delvaux,« l’inventeur du sac », et Magritte

On peut lui dire merci. C’est à Delvaux que l’on doit l’invention d’un accessoire incontournable : le sac à main. La maison belge peut se vanter d’avoir déposé le premier brevet de l’histoire en 1908. Quoi de neuf depuis ? Beaucoup de choses car Delvaux ne s’est pas contenté de ce coup d’éclat. La plus ancienne maison de maroquinerie de luxe s’est imposée dans le secteur en réinventant son héritage. Sous la houlette de la directrice artistique Christina Zeller, Delvaux secoue son image en s’appuyant sur les symboles de la Belgique : l’humour et le surréalisme. Dernière illustration en date : la décoiffante capsule réalisée avec la Fondation Magritte. La créative, qui s’amuse à célébrer l’ultra-belgitude de la maison centenaire à travers une collaboration arty, nous dit tout.

Par Inès Matsika

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Comment Delvaux fait-il vivre son patrimoine à travers ses créations ?

Christina Zeller : Créée en 1829, la Maison n’a jamais cessé d’être à la fois avant-gardiste et à la pointe de la tradition manufacturière. Ses créations illustrent les symboles de la Belgique. À l’image de l’iconique sac Brillant créé à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1958 qui s’est déroulée dans notre pays. Ou encore du costume insolite dessiné pour le Manneken-Pis. À maintes reprise, Delvaux a prouvé son attachement à l’héritage belge. C’est ce que nous appelons avec complicité, la Belgitude, qui inspire nos collections. C’est un état d’esprit, une attitude qui mélange l’humour, l’auto- dérision, l’onirisme et la poésie. Une fraîcheur qui nous rend différents des maisons de luxe françaises et italiennes.

Qu’est ce qui a impulsé la collaboration avec la Fondation Magritte ? 

CZ : Elle s’inscrit dans un contexte de partenariats qui accompagnent les rétrospectives majeures de Magritte, à Paris et à San Francisco. Cette collection témoigne de la complicité qui lie ces deux institutions belges depuis longtemps. Elle met à l’honneur nos racines communes. Avec Jean-Marc Loubier, le Président et CEO de Delvaux, nous étions vite convaincus du bien-fondé de ce partenariat. Dès le départ, il n’était pas question de jouer sur une caricature trop facile. Delvaux a un savoir-faire, des matières exceptionnelles et un sens du détail qui permettent d’aller loin dans la création.

Quels sont les points communs entre Delvaux et le peintre, et comment s’expriment-ils dans la capsule ?

CZ : Il existe de nombreux points communs entre Magritte et Delvaux. Tout d’abord l’indépendance de l’esprit, l’audace et l’humour. Mais aussi un côté fantasque et ludique que l’on retrouve dans cette collection. Elle joue sur les effets de trompe-l’œil,  suggère le chapeau melon dans le dessin de ses poignées, dévoile une doublure nuage … Plus qu’une capsule, c’est une collection à part entière qui se développera au fur et à mesure du temps. Signe que cette collaboration est conçue pour durer, notre deuxième boutique parisienne, située au 368 rue Saint-Honoré, fait un clin d’œil à l’artiste. Le décor plonge le visiteur dans un environnement surréaliste.

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Christina Zeller

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Quel est le rapport de Delvaux avec l’art de manière générale ?

CZ : L’art fait partie de l’ADN de Delvaux. Que ce soit la peinture, l’architecture ou les arts décoratifs. C’est une source d’inspiration et un point de départ pour l’équipe de création. Nos boutiques se nourrissent aussi de la notion historique des Arts Décoratifs, c’est-à-dire le beau dans l’utile. Nous accueillons dans nos principaux magasins des meubles et des objets de design belge. Par exemple à Bruxelles, dans notre boutique, située boulevard de Waterloo, on retrouve des pièces de Jules Wabbes, Veranneman et Renaat Braem ainsi que celles de jeunes designers tels que Ben Storms et Nathalie Dewez. Dans notre boutique new-yorkaise, le grand lustre en métal provient d’une église flamande du XVIIIème siècle et du mobilier de Veranneman.

Avez-vous une anecdote à raconter autour de la capsule ?

CZ : Nous avons vécu une expérience inédite dans le monde de l’art. La Fondation Magritte nous a donné l’opportunité d’exposer des œuvres jamais vues par le grand public. Elles furent révélées à l’occasion du lancement de la collection dans notre boutique située sur la 5e Avenue à New York. Le transport, les exigences pour les conservations et l’emplacement des œuvres ont été un beau challenge pour la Maison qu’on n’oubliera pas aussi vite.

Un chiffre clé sur la capsule ?

CZ : Plus de 12 heures de travail sont nécessaires pour fabriquer le sac BrillantL’Humour. La piqûre des contours du sac Ceci n’est pas un Delvaux exige aussi minutie et grande précision.

 

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