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Le monde déroutant d’Erwin Olaf

Certains trouvent ses photos glaçantes. D’autres, au contraire, louent son esthétique lisse. Erwin Olaf est un photographe de mode et de publicité qui ne laisse personne indifférent. Depuis 40 ans, l’artiste néerlandais peaufine un style particulier, reconnaissable entre tous.

Scénographie extrêmement travaillée, couleurs intenses et ambiances faussement féériques. Il se plaît à raconter un monde apparemment tranquille mais dont on sent poindre la folie.

Les Pays Bas célèbrent ce photographe singulier dans deux expositions au Gemeentemuseum et au Fotomuseum de La Haye.

Les deux évènements soulignent la capacité de l’artiste à mêler dans un même cliché beauté, mélancolie et mystère. « Ce que je veux surtout montrer, c’est un monde parfait avec une fissure. Je veux rendre l’image assez séduisante pour attirer les gens dans le récit, puis porter le coup fatal » déclare Erwin Olaf.

Celui qui découvre la photographie par hasard dans les années 80 alors qu’il étudiait le journalisme, a un parti clair et poursuit un objectif à travers son médium. Montrer les dissonances entre l’image que chaque personne – ou situation – dégage et la réalité intérieure. Pour pointer ce contraste, Erwin Olaf use et abuse du numérique. Il en ressort des clichés à l’esthétique irréelle, presqu’angoissante.

Les deux expositions mettent également en lumière l’engagement social du photographe. La série Black (1990), inspirée d’une chanson de Janet Jackson sur la condition des noirs, témoigne de son combat pour l’égalité. Un sujet qu’il explore dans une série de clichés plus récents datant de 2018 pris à Palm Springs dans lesquels il dénonce les discriminations et le renfermement des communautés.

D’autres photos soulignent son statut de citoyen du monde. Marqué par des évènements comme le 11 septembre 2001 ou les attentats de Charlie Hebdo en France en 2015, l’artiste en a tiré des clichés sombres ou d’autres baignés de lumière, évoquant une renaissance après le chaos.

Au gré des photos, les réflexions, les obsessions et les causes défendues par Erwin Olaf se font les nôtres. C’est à une balade dans son esprit que nous invitent les deux institutions.

Jusqu’au 12 mai 2019.

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© Erwin Olaf, Shanghai, Huai Hai, 2017. Courtesy Hamiltons Gallery, London / Edwynn Houk Gallery, New York.

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© Erwin Olaf, Palm Springs, 2018. Courtesy Hamiltons Gallery, London / Edwynn Houk Gallery, New York.

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© Erwin Olaf, Hope, The Hallway. 2005. Courtesy Hamiltons Gallery, London / Edwynn Houk Gallery, New York

© Erwin Olaf, Rain, The Ice Cream Parlour. 2004.  Courtesy Hamiltons Gallery, London / Edwynn Houk Gallery, New York.

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