Côme editions

Donner du sens à la mode avec Côme Éditions

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Clémence et Matthieu Dru

Côme Éditions, c’est avant tout une histoire de famille. Celle d’un frère et d’une sœur qui décident de lancer une marque il y a 5 ans. Mais pas question d’être un nouveau label parmi des milliers. La fratrie s’inscrit dans un mouvement de créatifs qui veulent repenser la mode en y injectant davantage de conscience. Leurs armes : des mini collections confectionnées à Paris ainsi que des lignes éthiques et responsables, comme leur dernier projet Seconde Vie. Rencontre avec Clémence Dru, une partie du duo, bien décidée à faire bouger les lignes de la mode. Durablement.

 Texte : Inès Matsika

Photos : Noé Lefebvre  Silhouettes: DR

Avec votre frère Matthieu, vous réunissiez les bonnes compétences pour lancer Côme Éditions et faire décoller votre label. Avec le recul, cela vous-a-il permis d’éviter pas mal d’embûches ?

C’est évident. Dès le départ, notre force fut d’avoir des profils différents et complémentaires. Pour bien avancer, il est indispensable d’avoir des aptitudes en business. Ce qui est le cas de mon frère qui a fait des études d’entrepreneuriat et de finances, tandis que je me formais à la mode. Je ne me serais jamais lancée dans Côme Éditions sans lui !

Nos deux esprits – créatif et pratique – sont souvent en contradiction. Mais c’est cette confrontation qui nous fait évoluer. Elle se ressent jusque dans les créations qui explorent beaucoup la dualité, au niveau des matières, des couleurs, des imprimés…

Quels ont été les accélérateurs qui ont permis à Côme Éditions de s’installer rapidement dans le paysage de la mode ?

Il y a eu un élément déclencheur. L’ influenceuse Caroline de Maigret a posté une photo d’elle sur Instagram où elle portait une de nos pièces. Nous l’avions contactée un an avant sur Facebook pour lui présenter nos modèles. C’était resté sans suite, jusqu’à ce qu’elle nous rende visite en boutique. Elle a beaucoup aimé nos vestes brodées au Sénégal. Depuis, elle suit l’évolution de la marque. Suite à cette mise en lumière inespérée, nous avons été approchés par l’Agence M&K, un studio qui a lancé des créateurs pointus comme Jacquemus. Grâce à elle, nous avons décroché des points de vente prestigieux.

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5 ans après la création de la marque, vous donnez davantage d’ampleur à ses fondements, qui pourraient se résumer ainsi : « produire juste et moins ». Pouvez-vous présenter votre nouvelle organisation ?

Nous avons lancé la ligne Seconde vie qui propose des vêtements upcyclés, entièrement conçus à partir de chutes de tissus d’anciennes collections. Des pièces originales produites en très petites quantités. Elles complètent notre offre de vestes brodées atemporelles et nos modèles de saison. Ce projet illustre notre envie de pousser encore plus loin nos engagements premiers. A savoir une production locale – nous fabriquons quasi-exclusivement à Paris – et raisonnée, en limitant les références de nos collections.

Nous avons décidé d’abandonner la vente de nos produits en boutiques multimarques. Ce qu’on appelle le wholesale est en contradiction avec nos principes et très contraignant pour un jeune label. Il faut produire en grandes quantités, réaliser plusieurs collections par an et livrer les magasins six mois à l’avance ! A force, on s’essoufflait et l’on perdait de vue l’identité de Côme Editions. Désormais, nous concentrons la diffusion de nos produits dans notre boutique et online.

Nous transformons aussi notre espace de vente en un studio de création, pour y développer nos projets avec d’autres marques et créatifs. Travailler en synergie est essentielle à mon équilibre ! C’est aussi le moyen de véhiculer les valeurs de Côme Éditions. En guise d’exemple, nous allons dessiner la première ligne de prêt-à-porter de www.sarenza.com à partir de notre modèle de production : avec des tissus existants, en utilisant des teintures végétales et en limitant la présence du cuir.

En terme de création, qu’est ce qui est le plus jouissif et le plus contraignant dans le processus de l’upcycling ?

Ce qui est jouissif, c’est le sentiment de créer de manière intelligente. Il y a tellement de tissus existants que ça n’a plus de sens de produire autrement ! Concernant le design des modèles, on marche à l’instinct. On tente, on corrige et l’on valide ce qui fonctionne. On jouit d’une immense liberté ! Pour l’instant, nous utilisons nos chutes. Mais quand nous aurons exploité tout le stock, la question du sourcing va se poser. Où trouver de belles matières pour leur donner une seconde vie ? Ce sera notre principal défi.

5 ans après la création de la marque, vous donnez davantage d’ampleur à ses fondements, qui pourraient se résumer ainsi : « produire juste et moins ». Pouvez-vous présenter votre nouvelle organisation ? Nous avons lancé la ligne Seconde vie qui propose des vêtements upcyclés, entièrement conçus à partir de chutes de tissus d’anciennes collections. Des pièces originales produites en très petites quantités. Elles complètent notre offre de vestes brodées atemporelles et nos modèles de saison. Ce projet illustre notre envie de pousser encore plus loin nos engagements premiers. A savoir une production locale – nous fabriquons quasi-exclusivement à Paris – et raisonnée, en limitant les références de nos collections. Nous avons décidé d’abandonner la vente de nos produits en boutiques multimarques. Ce qu’on appelle le wholesale est en contradiction avec nos principes et très contraignant pour un jeune label. Il faut produire en grandes quantités, réaliser plusieurs collections par an et livrer les magasins six mois à l’avance ! A force, on s’essoufflait et l’on perdait de vue l’identité de Côme Editions. Désormais, nous concentrons la diffusion de nos produits dans notre boutique, ouverte au public du vendredi au dimanche, et online. Nous transformons aussi notre espace de vente en un studio de création, pour y développer nos projets avec d’autres marques et créatifs. Travailler en synergie est essentielle à mon équilibre ! C’est aussi le moyen de véhiculer nos valeurs. Nous allons dessiner la première ligne de prêt-à-porter de www.sarenza.com à partir de notre modèle de production : avec des tissus existants, en utilisant des teintures végétales et en limitant la présence du cuir. En terme de création, qu’est ce qui est le plus jouissif et le plus contraignant dans le processus de l’upcycling ? Ce qui est jouissif, c’est le sentiment de créer de manière intelligente. Il y a tellement de tissus existants que ça n’a plus de sens de produire autrement ! Concernant le design des modèles, on marche à l’instinct. On tente, on corrige et l’on valide ce qui fonctionne. On jouit d’une immense liberté ! Pour l’instant, nous utilisons nos chutes. Mais quand nous aurons exploité tout le stock, la question du sourcing va se poser. Où trouver de belles matières pour leur donner une seconde vie ? Ce sera notre principal défi.
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Vos vestes brodées, qui sont le fruit d’un partenariat avec la CSAO, ont une jolie histoire derrière elles. Racontez- la nous.

Ma mère et ma sœur ont vécu au Sénégal. C’est un pays auquel nous sommes attachées. Lors de mes visites, elles m’amenaient souvent à la Maison Rose, une association de femmes ayant subi des violences physiques ou sexuelles. La CSAO –boutique de lifestyle africain– leur confiait la broderie d’objets de décoration.

Un jour, nous avons eu l’idée de personnaliser nos vestes avec de la broderie et de faire réaliser ce travail par ces femmes. Le projet a tout de suite très bien marché ! Aujourd’hui, cet emploi leur permet d’avoir une autonomie financière. Nous leur reversons 20% du prix de vente des blousons.

Les brodeuses sont très investies. Elles prennent du temps pour choisir les couleurs et les typologies. Cette attention particulière transforme les vestes en des objets sentimentaux. Et les clientes y sont sensibles.

D’où vient votre intérêt pour les plus démunis et l’environnement dans lequel vous vivez ?

Essentiellement de ma famille. Mon père travaille aujourd’hui pour l’Unicef. Ma mère a toujours œuvré pour les personnes en difficulté ou vulnérables. Elle s’est occupée pendant quinze ans de personnes atteintes d’Alzheimer. Elle est aujourd’hui très impliquée dans la Maison Rose. Elle vient d’ailleurs d’écrire le livre Aya – aux éditions Albin Michel –, inspiré d’une de ses pensionnaires.

Quand nous avons lancé Côme Éditions, il était important pour nous d’agir, d’associer la création de la marque au soutien d’une cause.

 

 

 

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Travailler en famille a des avantages évidents : la confiance et une communication facilitée. Dans l’intimité, arrivez-vous à évacuer les questions de travail ?

Oui, ça a pris un peu de temps, mais Matthieu a su poser des limites ! J’ai arrêté de lui envoyer des textos à deux heures du matin (rires). Quand j’ai eu mon premier enfant, j’ai vraiment pu me reposer sur lui. On se dit absolument tout. Le travail n’a jamais empiété sur notre relation de frère et sœur.

Quelle est la compétence que vous avez toujours admirée chez votre frère ?

J’aime son côté couteau suisse. Il est très rapide pour trouver des solutions aux problèmes. C’est assez impressionnant.

La mode est aujourd’hui très rapide. Les gens adorent une marque puis s’en lassent vite. Quels sont, selon vous, les principes pour durer ?

Rester honnête ! Nous avons compris que le système classique de production ne nous convenait pas et qu’il fallait suivre notre propre modèle. C’était la condition sine qua non pour poursuivre l’aventure de Côme Éditions et de l’ancrer dans le temps.

https://come-editions.fr/#fr

 

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L’héritage mode de Clémence Dru

Première émotion mode

Enfants, nous avons vécu en famille à New York. J’ai gardé en mémoire les uniformes d’écoliers très chic que mon frère et moi portions. Depuis j’ai cultivé un goût pour les chaussettes hautes portées avec une jupe !

Un personnage qui a influencée votre style

J’ai toujours été sensible au travail de Stella McCartney. J’aime son engagement éthique, son vestiaire masculin-féminin et sa communication assez ludique. C’est définitivement une de mes marques préférées.

Une odeur liée à un souvenir mode

Le parfum de ma grand-mère qui est décédée à 98 ans. C’était la personne de ma famille la plus sensible à la mode. Elle était toujours très chic et se tenait au courant des nouveaux créateurs. Elle adorait Paul & Joe et Isabel Marant.

Les artistes qui ont forgé votre goût du beau.

Il y en a beaucoup. J’ai grandi dans un environnement très créatif, auprès d’une mère qui était sculptrice et photographe. Elle nous a communiqué ses goûts. Je pourrais citer Miro, Calder et Georges Braque. Leur travail inspire les dessins de nos broderies.

Deux institutions culturelles coups de coeur

Le musée Picasso et le musée Rodin.

Les archives d’une maison à découvrir

Celles des éditeurs de tissus. Je trouve que les tissus d’ameublement ont une force particulière. Je suis très sensible à la toile de Jouy par exemple.

3 vêtements qui vous définissent

Une veste assez structurée, une chemise avec un jeu de transparence et un jean.

Et si on s’offrait une Seconde vie by Côme Editions ?

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