Azzaro, le revival

Certains diront qu’il n’a pas laissé une grande trace dans l’histoire de la mode. Et pourtant, c’est méconnaître la force du vocabulaire graphique inventé par Loris Azzaro. Hors-norme, sulfureux, casseur de codes, le créateur emblématique des années 70 est l’auteur d’un vestiaire ultra-féminin et l’ambassadeur du show off décomplexé. Il laisse en héritage des silhouettes outrageusement sexy, des créatures de nuit qui peuplent encore les capitales du monde. Son successeur, le talentueux Maxime Simoëns, précédé pendant 8 ans par Vanessa Seward, rejoue sans imiter la carte favorite du fondateur. Celle de l’audace.

© Filipe Da Rocha

© Filipe Da Rocha

Loris Azzaro, l’anticonformiste

La robe coule le long du corps. Un jeu d’anneaux étreint la poitrine. Le tissu lamé est une promesse de fête. Cette silhouette, une des plus fameuses de Loris Azzaro, pourrait résumer à elle seule le style du créateur. Fasciné par le cinéma des années 30, 40 et 50, le styliste franco-italien n’aura de cesse d’en faire revivre le glamour à travers sa maison qu’il fonde en 1967. Azzaro aime passionnément le corps des femmes et il le fait savoir. A l’image du photographe Helmut Newton qui immortalisa nombreuse de ses créations, il milite pour une féminité conquérante, sauvage, exubérante. Ses heures de gloire, il les vit durant les années 70 et 80. Il accompagne la fête sans fin de ces décennies en créant des robes bijoux, des fourreaux, des tenues drapées ou dotées d’un jeu de transparence.

Une garde-robe sensuelle qui trouve naturellement sa place sur les tapis rouges. Les stars vont largement participer à l’aura de la marque. Dans la boutique qu’il ouvre au 65 rue du faubourg Saint-Honoré à Paris défilent Jane Birkin, Raquel Welch, Dalida, Claudia Cardinale, Liza Minelli, Tina Tturner… Le sommet et la chute, le styliste aura tout vécu. Snobé pour son esthétique trop bling dans les années 90, Loris Azzaro voit son talent réhabilité petit à petit. D’abord, grâce au travail de Vanessa Seward qui prit la direction artistique de la maison en 2002, un an avant sa disparition, et redonna de l’éclat au style Azzaro. Puis grâce à Maxime Simoëns, qui arrivé à la tête du style pour les 50 ans de la maison, écrit le nouveau chapitre glamour de son histoire.

Loris Azzaro © Famille Azzaro

© Filipe Da Rocha

Loris Azarro et Angie Bowie © Famille Azzaro

Carine Roitfeld et Kate Moss © Mario Testino

Maxime Simoëns, la relève

Se fier à l’air juvénile et à la silhouette fluette de Maxime Simöens serait une erreur. A seulement 33 ans, il a déjà vécu mille vies dans la mode. Celui qui est passé par Elie Saab, Balenciaga, Christian Dior, Jean Paul Gaultier et qui est à la tête de sa marque masculine M.X Paris, s’est vu l’année dernière confier la tache de faire revivre la maison Azzaro. Un pari qu’il relève avec le leitmotiv de mêler son univers à celui de la marque. Avec finesse, le créateur évite le piège de l’interprétation littérale pour ne garder que le meilleur de Loris Azzaro. A savoir, l’audace. Il dessine un dressing sexy, dans l’air du temps, qui parle aux femmes de notre époque.

Sa singularité : mixer dans une même ligne, la facilité du prêt-à-porter et l’excellence de la Haute-Couture. Parsemés de broderies, de plumes, réalisés dans des tissus exclusifs, les vêtements reprennent les codes de la couture, sans être pour autant sur-mesure. Aux fameuses silhouettes drapées, Maxime Simöens apporte un brin de nervosité et un côté rock. Son goût du tailoring fait naître des costumes au tombé impeccable. Ornés de strass, ils deviennent des compagnons pour faire la fête. En faisant coïncider le masculin-féminin et l’ultra sensualité, Maxime Simöens projette Azzaro dans une dimension bien moderne.

La mode est étroitement liée à l’érotisme. De tout temps, la mode a servi à l’amour. 

                                                                                                                   Loris Azzaro

Azzaro, 50 ans d’éclat

Ce n’est plus une surprise. Les maisons aiment célébrer leurs anniversaires avec de beaux livres. Azzaro cède à la tradition en éditant chez La Martinière un ouvrage qui retrace 50 ans de création. Il passe en revue le vestiaire créé par Loris Azzaro, son art de vivre bouillonnant et la manière dont les différents directeurs artistiques qui se sont succédés à la tête de la maison ont réinventé son héritage. Des images d’archives fascinantes et d’autres plus contemporaines dont certaines ont été exposées au MAD (Musée des Arts Décoratifs de Paris) durant la première rétrospective de la maison en mai 2018. Une manière de saluer le glamour érotique de Loris Azzaro avec l’égard qui lui revient.

Image en haut de page: © Werner Bokelberg

Laisser un commentaire

Pour ne rien rater des PORTRAITS de jeunes créateurs, des FOCUS sur des marques culte et des NEWS sur la culture mode.

Inscrivez-vous

NEWSLETTER

Merci pour votre inscription