La vie de photographe selon Annie Leibovitz

Annie Leibovitz débarque sur l’estrade, baskets aux pieds, intégralement vêtue de noir. Elle a cette décontraction des gens qui n’ont plus rien à prouver à personne. Face à la foule qui est venue l’écouter un dimanche matin de novembre à Paris lors d’une conférence exceptionnelle, elle parle comme à un seul homme : en toute intimité. La photographe converse, sans note pour la guider, rit, fait des pauses et émaille son propos de nombreuses digressions. Elle est venue présenter son dernier livre « Annie Leibovitz au travail ! » paru chez Phaidon. Il s’agit d’une réédition enrichie et traduite en français de ce même ouvrage édité en 2008. L’artiste aux nombreuses distinctions- dont celle de Commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres – y dévoile son processus de travail et les anecdotes qui se cachent derrière ses plus fameux clichés. On découvre la petite histoire de chaque photo, les déconvenues ou heureuses surprises qui provoquent sa composition. « J’ai imaginé ce livre comme un manuel pour les jeunes. J’ai sélectionné des photos phares qui peuvent expliquer ce qu’est être un photographe dans toute sa dimension ». Dans le livre, Annie Leibovitz revient sur ses débuts chez le magazine Rolling Stone, sur ces reportages incroyables qu’elle a fait, dont la chute de Nixon lors du Watergate ou la mythique photo de John Lennon et Yoko Ono juste quelques heures avant l’assassinat du chanteur. On apprend la manière dont elle s’est sentie « super puissante » en suivant en tournée les Rolling Stones – « ces jeunes dieux » – dans les années 70, on plonge dans l’intimité qu’elle partageait avec l’écrivaine et militante Susan Sontag jusqu’à son décès en 2004, on savoure sa galerie de portraits de stars et les nombreuses séries qu’elle a signé pour les magazines Vogue et Vanity Fair, ses fidèles soutiens. Impossible de décréter quelles sont les photographies les plus fortes, tant chacune témoigne d’un travail méticuleux, brillant et d’un flair qui lui est propre. Au plus ressent-on une émotion particulière face au cliché en noir et blanc de la chanteuse Patty Smith, « une poétesse d’une rare authenticité », selon Annie Leibovitz. Une conviction qu’elle a su traduire en image.

 

Annie Leibovitz, Brooklyn, 2017. © Annie Leibovitz

Photo en haut de page: Patti Smith, New York City, 1996. © Annie Leibovitz. From ‘Annie Leibovitz At Work’ (page 124)

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