Bally en 6 mots clés

1851-2018. Bally fait partie de ces marques historiques qui poursuivent une trajectoire à part depuis des décennies. Dépositaire d’un savoir-faire exclusif dans la chaussure, la marque a su se renouveler au fil du temps, sans céder aux sirènes dévorantes de la tendance et en conservant une identité forte. Une image que la griffe n’hésite pas à bousculer avec des collaborations ébouriffantes, à l’image de la dernière capsule réalisée avec le street-artist Shock-1 et le producteur de musique Swizz Beatz. Décryptage de l’univers Bally.

1 Hasard 

Parfois, la naissance d’une marque ne tient pas à grand chose. Celle de Bally prend sa source dans un simple oubli. Flash back. Nous sommes en 1850. Carl Franz Bally, un fabricant suisse, part à Paris pour affaires et promet à sa femme de lui ramener des chaussures. Seul problème : il n’a plus en tête sa pointure. Mr Bally décide alors d’acheter plusieurs modèles en différentes tailles. De retour chez lui, il vend le surplus dans le magasin d’usine familial, spécialisée dans les rubans et les élastiques. C’est un carton ! Changement d’objectif : au lieu de poursuivre sa carrière dans l’entreprise de son père, Carl Franz Bally lance une usine de fabrication de chaussures en 1851. Bally est né.

2 Savoir-Faire

Il ne faut pas s’attendre à la défense d’un savoir-faire artisanal centenaire chez Bally. Si les premiers modèles de chaussures furent fabriqués à la main, la griffe s’est vite attachée à l’innovation promise par les machines. Attentifs au progrès de la production industrielle, Carl Franz Bally et son fils Eduard qui le seconde, mettent au point des méthodes ingénieuses qui vont bouleverser la fabrication de la chaussure de luxe. Depuis la recherche et le développement sont les maîtres mots de la griffe dans le travail du cuir, le confort du soulier et le design du prêt-à-porter lancé en 1976.

3Signatures 

Plus fort qu’un logo, Bally invente une signature visuelle qui fait référence à ses racines helvétiques. Dès 1939, des bandes rouges et blanches courent sur les chaussures. Elles sont un clin d’œil au drapeau national qui recouvre les trains de campagne suisses. Présentes à chaque saison, réinterprétées par les designers, ces bandes sont le fil rouge qui relie les collections à travers le temps. La boucle Janelle est l’autre détail emblématique de la marque. Elle est apparue pour la première fois dans une publicité datant de 1969. Dorée et rectangulaire, elle orne avec éclat les accessoires Bally.

4Affiches

Qui dit Bally dit illustration de mode. Durant des années, la griffe a privilégié le dessin pour représenter ses créations. Son identité visuelle s’est créée à grands coups de crayons. Résultat : la marque détient un fonds incroyable d’affiches publicitaires réalisées au cours du 20ème siècle. Les couleurs, les traits, les personnages témoignent du style de chaque époque et de l’évolution de la griffe. En 2016, après un arrêt de 25 ans, Bally confie à l’artiste André Saraiva –street artist de la première heure- la mission de faire revivre Bally dans un dessin publicitaire. La marque renoue avec sa tradition joyeuse du dessin de mode. Un héritage à découvrir au musée Bally à Schönenwerd, initialement maison de Carl Franz Bally, où la griffe présente depuis 1942 ses archives, dont plus de mille modèles de chaussures.

5Sport

L’histoire de Bally s’est parfois mêlée à la Grande Histoire. A la fin des années 20, Bally crée la semelle « spartiate », qu’elle applique à des chaussures de randonnée et aux lourdes bottes d’hiver. Leur atout : une bonne adhérence dans toutes les directions. Ces chaussures tout terrain, au design innovant, vont croiser la route de Sir Edmund Hillary, un professionnel néo-zélandais qui prépare sa prochaine expédition dans les montagnes. Le 29 mai 1953, il devient le premier alpiniste à atteindre le Mont Everest et porte les chaussures Bally quand il réalise cet exploit. Son compagnon d’aventure, Tenzig Norgay, fut photographié en haut du sommet avec les fameuses bottes en peau de renne. Une image légendaire. Sa technologique de pointe va amener la marque à chausser d’autres grands noms du sport. En 1948 sont organisés les premiers Jeux Olympiques d’Hiver après la seconde guerre mondiale. Bally chausse une partie de l’équipe suisse avec les modèles de ski Bally Rominger, dont l’efficacité aide les sportifs à remporter de nombreuses médailles d’or. Aujourd’hui beaucoup de modèles de la marque sont dotés de la semelle Sparta Grip.

6Street culture

Aujourd’hui c’est une évidence : les univers du luxe et du hip-hop sont entremêlés. Le premier s’inspire du second, utilise ses codes et son style pour retrouver un second souffle. Bien avant ce mariage insolite, Bally avait déjà séduit de grandes figures du mouvement hip-hop. Dans les années 80, le rappeur Slick Rick s’affiche sans arrêt avec ses baskets favoris signés Bally. D’autres, comme le rappeur Doug-E-Fresh vont jusqu’à poser sur leurs pochettes de disque en Bally ou glorifie la marque sous forme de rimes dans leurs morceaux. Un intérêt pour la griffe qui n’a pas faibli au cours des années et que partagent aujourd’hui des artistes comme Jay Z, Future, Kanye West et Lil Wayne qui l’immortalisent dans leurs titres. Fidèle à ce mouvement né dans la rue, Bally lance à l’automne 2018 une capsule avec le street-artist Shok-1 et le producteur de musique Swizz Beatz. Une nouvelle incursion dans le vestiaire sportswear, que la marque dessine avec les codes et le savoir-faire d’une maison centenaire.

Crispy Story

Bally a souvent croisé la route de figures illustres. C’est chez Bally que l’impératrice Sissi a acheté les bottines qu’elle porta le jour de son mariage. Dans les années 20, la marque chaussait Charlie Chaplin. Neil Armstrong, le premier homme à marcher sur la lune, portait des bottes dont les composants ont été mis au point par Bally lors de cette expédition légendaire.

Les modèles cultes de Bally, d’hier et d’aujourd’hui

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